Un nouveau métier: assistant sexuel pour handicapés
Dans la foulée du Danemark, des Pays-Bas et de l'Allemagne, et en attendant peut-être notre pays, la Suisse a récemment vu apparaître un nouveau métier, celui d'assistant sexuel pour les personnes handicapées. Principalement issus du secteur médical ou paramédical (kinés, psys, infirmiers,...), ces professionnels accomplissent des massages et caresses érotiques à la demande de personnes qui ne peuvent pas ou plus (bien) le faire, une tâche jusqu'ici dévolue à des prostituées. "Accompagner sensuellement et sexuellement les personnes en situation de handicap qui le désirent expressément" définit Catherine Agthe Diserens, la présidente de l'association Sexualité et Handicaps Pluriels (SEHP) qui a formé les premiers assistants sexuels en Suisse.
Une grande frustration sexuelle qui crée de l'agressivité Ce nouveau métier répond à une véritable demande et permet d'apaiser des souffrances. "On constate que derrière l'agressivité de beaucoup d'handicapés, il y a une grande frustration sexuelle", explique un spécialiste, Emmanuelle Dal'Secco sur le site Handicap.fr. L'assistance diffère selon le handicap: "Une personne handicapée mentale est capable de se masturber mais ne sait pas toujours comment faire. Dans ce cas, l'accompagnement sexuel vise à leur apprendre à 'apprivoiser' leur corps pour les rendre ensuite autonomes" ajoute Emmanuelle Dal'Secco. Le profil de l'assistant sexuel Qu'en est-il des gens qui ont commencé cette activité ? Le job n'est certes pas facile et demande le franchissement de nombreuses barrières. En effet, même si actuellement la prestation ne comprend ni baisers ni pénétrations, elle peut ressembler à de la prostitution, d'autant plus qu'elle est rémunérée (100 euros de l'heure). Il faut donc des gens ouverts et forts dans leur tête. Des gens capables de passer outre certaines réticences bien compréhensibles, ceci pour le bien des handicapés. Mais donnons la parole à la formatrice: "Les assistants sexuels sont des gens ordinaires. Ils ont plus de 35 ans, exercent une activité professionnelle et la majorité ont une famille ou un compagnon. Ils ont été désignés sur leur sensibilité à la relation à autrui et sur leur aisance à parler et à vivre leur propre sexualité. Ils font preuve d’une personnalité équilibrée, ont la perception de leurs limites et peuvent argumenter solidement leur motivation. "Ils se sont engagés à en parler à leurs proches", précise Catherine Agthe Diserens. Témoignages "On trouve normal que des gens prêtent leurs yeux pour lire aux aveugles. Pourquoi ne prêterais-je pas mes mains pour masturber quelqu’un qui ne peut pas le faire parce qu’il souffre d'un handicap ?" estime cette mère de famille devenue assistante sexuelle, dans la Tribune de Genève. "On peut faire du politiquement correct, dire en situation de handicap au lieu de handicapé, mais, sur le terrain, il faut des actes" ajoute-t-elle. Quant à Jacques, un kiné, marié et père de famille également, il explique avoir "dû exorciser le physio. Surtout au niveau du toucher. J’ai appris à passer d’un contact anatomique à quelque chose de sensuel".
Lundi 22 Février 2010
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