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« Pour être assistant sexuel, il faut être au clair avec sa propre vie »



« Pour être assistant sexuel, il faut être au clair avec sa propre vie »
Catherine Agthe, en 2009, l’association Sexualité et Handicaps pluriels a lancé les premières formations d’assistants sexuels en Suisse romande. C’est votre initiative.
Comment définir cette fonction ?

C’est une personne qui va mettre son corps au service du corps de l’autre, moyennant rémunération (environ 70 €). Ça fait froid et bref. Mais en réalité, c’est plus joli que ça.

C’est assimilable à la prostitution ?
Légalement, oui. C’est la même définition. L’assistant ou l’assistante (autant d’hommes que de femmes sur les 10 personnes formées) va essayer de répondre aux demandes de la personne handicapée sur le plan sensuel, érotique ou sexuel.

Pourquoi ne pas travailler directement avec des prostituées ?
Parce que la majeure partie de ces personnes travaille dans un milieu glauque et ne serait pas apte à accueillir des personnes handicapées. Non pas que les assistants soient des sauveurs et les prostituées d’horribles personnes. Mais pour être assistant, il faut être fort, au clair avec sa propre vie sexuelle, sa motivation…

Et recevoir une formation.
Oui, après une série d’entretiens, il y a 300 heures de formation. Mais tout le monde a un autre métier à côté. Ce ne sera jamais un temps plein. Parce qu’il n’y a pas assez de demandes (environ 70 personnes en 2 ans) et parce que je ne veux pas qu’on vienne nous souffler qu’on a peut-être créé des besoins par souci de rentabilité.

Que veulent les personnes handicapées qui font appel à l’assistance ?
Ce qu’elles veulent, le plus souvent, c’est trouver un partenaire de vie. Donc, l’assistance sexuelle n’est pas la panacée. Mais elle a quand même sa place, avec des gestes, des caresses parfois très simples.

Vous dites que certaines personnes vivent dans un « désert », sans contact physique hormis les soins, que quand le contact est plus érotique, toutes les mains se retirent…
Oui. Et elles doivent se retirer. Il faut être clair, c’est bien distinct : les soignants, les éducateurs ne peuvent pas assumer d’autres contacts que le toucher affectif, la chaleur humaine. Une main sur l’épaule, etc. En Suisse, c’est très tabou, un peu froid, codifié et rigide. La tendresse en institution, ça manque. Tout le monde a peur ; on touche le moins possible pour éviter l’ambiguïté, les reproches d’abus. Je comprends. Tout ça est très subtil et délicat. Mais je plaide pour une juste proximité.



http://www.lavenir.net/Article/Detail.aspx?articleID=DMF20120128_00111429 http://www.lavenir.net/Article/Detail.aspx?articleID=DMF20120128_00111429



Lundi 30 Janvier 2012
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