Julie Bourgeois, 23 ans, fréquente les tatamis depuis qu'elle a neuf ans. Arrivée en 1996 à Tellin, elle a immédiatement rejoint le club du village.
Julie a aussi une particularité, qui la distingue des nombreux judokas qui l'ont croisée : elle est trisomique. Ce handicap ne l'a cependant pas empêchée de pratiquer un de ses sports favoris, le judo.
«Un sport qui me permet de contrôle ma fougue », dit-elle. Et même de se distinguer avec brio. Au point qu'elle va prochainement participer aux Special olympics, ces Jeux olympiques pour handicapés. Ils auront lieu à Athènes l'été prochain. Un rendez-vous unique et magique pour la jeune fille qui sera l'unique représentante francophone au sein d'une délégation d'une soixantaine d'athlètes belges mentalement handicapés. Une des conditions requises pour cette participation est d'être autonome. C'est pourquoi la Fédération organise des stages pour mesurer cette compétence. Et Julie y a pleinement satisfait.
Que de chemin parcouru donc, depuis ses débuts dans le club de Tellin, où elle a décroché ses premières ceintures sous la houlette de l'entraîneur François Gauthier. Un club qu'elle a toutefois quitté en 2006, pour rejoindre celui de Wellin, où l'entraîneur Claude Ameri possède la formation et les compétences pour conseiller au mieux des sportifs handicapés.
Titre national
C'est également à cette époque que la jeune Tellinoise a fait ses débuts les compétitions belges special olympics. Avec bonheur : en quatre participations, elle décroche quatre podiums. Le bronze en 2007 à Courtrai et en 2009 à Mons, l'argent en 2008 à Nivelles et, consécration suprêmes, le titre national l'an dernier à Bruxelles.
Un parcours et un palmarès remarquables alors que peu voire aucune structure d'accueil des sportifs ayant un handicap mental n'existe dans notre région.
Julie espère à nouveau être sacrée cette année.
Le rendez-vous est fixé à Hasselt, à l'Ascension. Après cela, elle pourra songer à préparer son voyage à Athènes, précédé d'un stage d'acclimatation à Rhodes avec l'ensemble de la délégation.
Dans ces compétitions, elle compte bien exploiter ses points forts. Elle excelle en effet dans le travail au sol. «Et avec mon entraîneur, je travaille intensivement le travail en position debout », ajoute-t-elle. Elle apprend même les katas, ces techniques que doivent posséder les judokas s'ils veulent décrocher la ceinture noire et les grades associés.
Mais Julie sait que la ceinture marron qui décore actuellement son kimono constitue le stade maximal de sa progression. «Les katas, je les connais, mais mon handicap ne me permet pas de passer les examens pour décrocher la ceinture noire», précise-t-elle.
À défaut de ceinture, elle se consolerait aisément avec une belle couronne de lauriers, ramenée d'Athènes.