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"Il y a des médailles à gagner en paracyclisme"



"Il y a des médailles à gagner en paracyclisme"
Alors que les Jeux paralympiques d'hiver vont débuter le 12 mars, le paracyclisme s'apprête à connaître une grande nouveauté cette saison 2010 avec la création d'une coupe du monde. Philippe Com, directeur sportif des équipes de France, dresse un état des lieux de la discipline pour www.cyclismag.com.

Cela pourrait presque ressembler à une petite annonce : Tu es un bon coureur amateur, garçon ou fille, tu n'es pas allé en équipe de France depuis trois ans et tu veux relancer ta carrière ? Alors deviens pilote de tandem avec un coureur aveugle ou mal voyant. Philippe Com, directeur sportif de l'équipe de France de cyclisme handisport mais aussi coordinateur des interrégions dames pour la FFC recherche des coureurs valides pour les tandems, notamment chez les filles : « Il y a des médailles à gagner. Je leur propose de redynamiser la carrière de celles qui ne sont plus en équipe de France. Il y a de la place pour plusieurs filles. Je suis déjà en contact avec Annie Thomas ou encore Justine Delannoy qui va piloter Anne Guérin. » En France, il manque aussi de coursières handicapée « solo », c'est à dire toutes autonomes sur leur vélo.

« ILS VIENNENT AU VÉLO PAR LA RÉÉDUCATION »

Philippe Com estime à 250-300 le nombre de coureurs handicapés en France et à 25-30, le nombre de coureurs au niveau international, « quarante si on compte les sourds ». La majorité n'était pas cycliste avant leur accident. « Nous avons beaucoup d'anciens motards qui ont eu des accidents de la route. Ils découvrent le vélo au détour de la rééducation. » Anne Guérin, vient, elle, des salles de sport où elle faisait du vélo en salle. « Elle a de très bons tests en P.M.A. » précise Philippe Com. Parmi les quelques anciens cyclistes, Jérôme Lambert, ancien pistard amputé sous le genou, est maintenant soutenu par Cofidis.
La marque nordiste s'est lancé dans le soutien du handisport, d'abord avec Laurent Thirionnet, double champion olympique. Elle n'est pas la seule, La Française des Jeux et Bretagne-Schuller aident des cyclistes handicapés. « C'est une véritable aide. Ces coureurs sont chargés de famille. Ils s'investissent dans leur sport et ils ont besoin d'au moins deux vélos, un pour la route et l'autre pour le contre-la-montre. » La différence de matériel peut constituer un autre handicap entre coureurs de la même catégorie. Par exemple, Didier Le Guesclou échoue à 30'' du podium du championnat du monde de contre-la-montre. Il chevauchait une machine trouvée trois semaines avant, « l'ancien vélo de Peter Farazijn que le pôle espoir de St Amand Montrond possède » explique Philippe Com. Cette année, Le Guesclou est soutenu par Bretagne-Schuller, « je lui ai dit, s'il avait le chois, de choisir un vélo de contre-la-montre. »

L'UCI Y CROIT

Cette année 2010 est importante dans l'histoire du paracyclisme. L'UCI crée une coupe du monde, réduite à trois manches au lieu des quatre prévues. « Cela va crédibiliser notre sport. » Philippe Com se réjouit du soutien et de la volonté de l'UCI : « Pour l'UCI, le paracyclisme prend plus d'ampleur que le BMX ou le VTT. Elle veut simplifier les catégorie pour rendre la discipline plus lisible (1). L'UCI donne un vrai maillot de champion du monde, blanc avec l'arc-en-ciel, alors qu'avant, le maillot était vert avec un simple liseré irisé. L'UCI sépare les championnats du monde route et piste. C'est bien pour la préparation des coureurs mais cela nous coûtera plus cher. » Une coupe du monde est aussi en projet avec deux manches en Europe, une en Asie et une sur le continent américain. Les déplacements engendrés par cette mondialisation ne sont donc pas gratuits. « Pour la manche de coupe du monde au Canada, j'ai un devis de 758 euros par personne, sans les bagages et pour une délégation de 17 personnes. Il nous manque un gros partenaire pour participer à toutes les coupes du monde route et piste. » Le regroupement des championnats du monde et de la manche de coupe du monde dans la Côte nord du Québec, va permettre une réduction des coûts.

UN CALENDRIER NATIONAL TROP RICHE

Dans ces conditions, Philippe Com ne peut se permettre d'envoyer des jeunes coureurs découvrir le niveau international. En effet, en paracyclisme, comme en cyclisme tout court, la chasse aux points est ouverte pour remplir les quotas des Jeux Olympiques. Et on en arrive à un paradoxe : « le calendrier national est trop important. Nous militons pour une diminution du nombre d'épreuves car nous préférons un système de coupe de France où nous réunirons les meilleurs coureurs sur cinq ou six épreuves. Cela serait plus facile pour communiquer. Aujourd'hui, il y a 30 événement handisport, c'est trop pour nos internationaux qui préfèrent aller sur les courses internationales pour marquer des points, toujours en vue des Jeux olympiques. » En plus des épreuves handisports, les coureurs « solo » licenciés à la FFC peuvent aussi courir avec les valides.
Si l'UCI a pris sous sa coupe le paracyclisme, ce n'est pas encore exactement le cas en France. « Il y a une fédération handisport mais l'UCI demande que les coureurs qui participent aux coupes du monde soient licenciés à la fédération nationale qui dépend de l'UCI. Il y a un projet de convention entre la FFC et la fédé handisport » explique Philippe Com. Exemple d'effet pervers d'une mauvaise communication entre les deux organismes français : « j'ai appris avec un mois de retard le décalage de la date du championnat du monde parce que l'UCI était passée par la FFC qui a mis du temps à répercuter l'information. »

IL Y A AUSSI DES FILOUS

Difficile de parler de cyclisme, para ou pas, sans évoquer la tricherie. « Javier Otxoa qui court en paracyclisme, a été cité dans une affaire récemment mais, a priori, c'est plus son entourage qui est en cause. En revanche, certains cherchent à tricher sur l'état de leur handicap. L'UCI est plus stricte avec la refonte des catégories. En cas de doutes, ils font passer des tests sur le vélo » explique Philippe Com.
Des coursiers qui cherchent à courir dans une catégorie inférieure à la leur, les cyclistes handicapés sont vraiment des coureurs comme les autres.

(1) Il existe 5 classes chez les handicapés solos (C1 à C5, les C5 sont les moins handicapés). Il y a deux catégories chez les tricycles (T1 et T2), trois catégories chez les vélos à mains et une catégorie pour la position sur les genoux. Il n'y a qu'une seule catégorie pour les tandems.

http://www.cyclismag.com/article.php?sid=5649 http://www.cyclismag.com/article.php?sid=5649


Vendredi 5 Mars 2010
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