France : Le CSA veut renforcer l'accès des personnes handicapées aux médias audiovisuels



France : Le CSA veut renforcer l'accès des personnes handicapées aux médias audiovisuels
Extrait du rapport annuel 2008 du CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) :

Le Conseil veut parvenir à une télévision réellement pour tous, pour les personnes sourdes ou malentendantes comme pour les personnes aveugles ou malvoyantes. L'année 2008 a été particulièrement riche : marquée par les progrès du sous-titrage, pour atteindre l'objectif de la généralisation en 2010, elle a aussi vu la prise en compte par les pouvoirs publics de la nécessité d'imposer des obligations en matière d'audiodescription. La mobilisation du Conseil en faveur de l'accessibilité a trouvé une traduction opérationnelle avec la création, en janvier 2009, d'un groupe de travail spécialement consacré à cette question et présidé par Christine Kelly et Françoise Laborde.

Le Conseil a poursuivi en 2008 son travail avec les éditeurs visant à faire respecter la délibération du 26 juin 2007 en 2010, c'est-à-dire un objectif de généralisation du sous-titrage pour les grandes chaînes et des objectifs ambitieux pour les chaînes réalisant une audience plus limitée. Ce travail se poursuit dans la concertation avec les associations.

Le Conseil a également décidé d'écrire à toutes les grandes chaînes hertziennes pour leur demander de faire mention à l'antenne, dans leurs bandes-annonces de programmes, du sous-titrage en y apposant le logo consistant en une oreille barrée. Enfin, le Conseil s'est associé à l'initiative de la secrétaire d'État à la solidarité, qui a souhaité que le sous-titrage soit systématiquement activé sur tous les téléviseurs émettant dans les lieux publics.

Par ailleurs, le Conseil a abordé la question de l'accès à la télévision des personnes aveugles ou malvoyantes au moyen de l'audiovision. Depuis trois ans, cette question est enfin devenue une priorité, au niveau européen comme français. La loi du 11 février 2005 mentionnait la nécessité de rendre l'audiodescription accessible au plus grand nombre, en incitant les chaînes à diffuser des programmes audiodécrits. La directive européenne Services de médias audiovisuels (SMA) insiste sur la nécessité de développer cette technique.

Ces intentions vont se traduire dans la réalité grâce à la conjonction de plusieurs facteurs. C'est d'abord la révolution numérique, qui rend accessible à tous la mise en service de l'audiodescription. C'est ensuite l'engagement des pouvoirs publics. Le rapport remis par Gilbert Montagné aux ministres chargés de la solidarité a débouché sur le plan Handicap visuel dont la mesure 21 prévoit de rendre les médias accessibles aux personnes handicapées visuelles. Sa première traduction concrète a été l'adoption, le 10 décembre 2008, d'une charte de l'audiodescription qui en posait les principes de base, notamment qualitatifs. Le vote de la loi du 5 mars 2009, qui impose des obligations relatives à l'accessibilité des programmes télévisés aux personnes aveugles ou malvoyantes, va permettre de généraliser l'audiodescription. En effet, la loi dispose que le Conseil supérieur de l'audiovisuel conclut, avec les services de télévision dont l'audience moyenne annuelle dépasse 2,5 % de l'audience totale, une convention comportant les proportions de programmes qui, par des dispositifs adaptés et en particulier aux heures de grande écoute, sont accessibles aux personnes aveugles ou malvoyantes. Une telle obligation sera également présente dans le cahier des charges de France Télévisions.

Par ailleurs, la production en amont de programmes adaptés aux personnes aveugles ou malvoyantes est encouragée par la possibilité de tenir compte de cette adaptation dans la contribution à la production cinématographique ou audiovisuelle à laquelle sont soumis les éditeurs de services de télévision.

Enfin, cette accessibilité doit être connue et reconnue par tous. Le Conseil a ainsi décidé d'écrire au Syndicat de la presse magazine et d'information (SPMI) pour lui demander que la mention de l'audiodescription figure dans les programmes de télévision publiés dans la presse sous la forme du logo consistant en un œil barré. Il adressera également une lettre à TF1 et à ARTE pour leur demander de faire mention oralement à l'antenne des programmes audiodécrits dans les bandes-annonces et au moment de leur diffusion.

C'est un immense progrès dans l'égalité de nos concitoyens en matière d'accès aux programmes, c'est un vecteur de lien social indispensable à l'égard des personnes handicapées.






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http://www.csa.fr/rapport2008/donnees/rapport/numeriq.htm#11 http://www.csa.fr/rapport2008/donnees/rapport/numeriq.htm#11


Nicolas BOSSUS

Jeudi 18 Février 2010
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